SACRE
création 2011

« Se saisissant de l’esprit et non pas de la lettre, David Wampach crée un Sacre, réduit à un duo, sans doute plus percutant et proche de l’originel que la plupart des apôtres du printemps. Dans leurs costumes simplissimes qui rappellent quelques traits du peintre, décorateur et auteur de l’argument du Sacre d’origine, Nicolas Roerich, ils glissent sur les parois abruptes et lisses du décor, presque jumeaux. Evitant l’emportement musical habituel, seuls deux accords assourdis (au début et à la fin) font signe vers le déferlement musical et la débâcle tonitruante de Stravinsky, la hâte trépidante et l’épuisement sacrificiel sont laissés au seul souffle des interprètes. C’est à la fois grandiose et impressionnant, prenant et presque inquiétant, car quoi de plus communicatif et de plus viscéralement corporel que le halètement ? Quoi de plus angoissant qu’un à bout de souffle où sans cesse l’air peut venir à manquer ? Et quoi de plus ténu et de plus effréné que ce passage de vie à trépas tenu du premier au dernier soupir ? Tamar Shelef et David Wampach, les deux protagonistes de ce huis clos sont tout bonnement… époustouflants ! »
Agnès Izrine • Danser magazine, septembre 2011


© Sophie Laly

vidéo

DISTRIBUTION
chorégraphie • David Wampach
danse • Tamar Shelef et David Wampach
costume • Rachel Garcia et Laurence Alquier
réalisation costumes • Laurence Alquier
son • Mikko Hynninen
régie • Gaëtan Lebret

avec la participation de • Chiara Gallerani, Johanna Korthals Altes, Enora Rivière,
Mark Tompkins et Christian Ubl
remerciements à • Dominique Brun

mentions
production • Association Achles

coproduction • Festival Montpellier Danse, Centre national de la danse - Pantin, Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort, Le Cratère, scène nationale d'Alès.

avec le soutien de • la Fondation d'entreprise Hermès, Tanzquartier à Vienne et l’adc à Genève dans le cadre de Modul-dance - projet financé par le programme Culture de l'Union Européenne, et la Ménagerie de Verre dans le cadre des Studiolabs.

avec l'aide du • Centre Chorégraphique National Montpellier Languedoc-Roussillon.

accueil studio • CNDC, Centre national de Danse contemporaine d’Angers.

diffusion
22 et 23 juin 2011 • Création au Festival Montpellier Danse 2011
17 mars 2012 • Festival ArtDanThé, Vanves
25, 26 et 27 avril 2012 • Centre national de la danse, Pantin
6 et 7 juillet 2012 • Festival Julidans • De Melkweg, Amsterdam / Pays-Bas
17 et 19 juillet 2012 • Festival ImPulsTanz, Vienne / Autriche
23 novembre 2012 • Festival Next • Le Vivat, Armentières
10, 11, 13 et 14 janvier 2013 • COIL Festival / PS122 • The Invisible Dog Art Center, New York / USA
18 janvier 2013 • MIFA, Holyoke / USA
16 et 17 mai 2013 • Le Cratère, Scène nationale d'Alès
21 septembre 2013 • Festival Materiais Diversos, Minde / Portugal
30 septembre et 1er octobre 2013 • Künstlerhaus Mousonturm, Francfort / Allemagne
5 novembre 2013 • euro-scene - festival du théâtre contemporain européen, Leipzig / Allemagne
18 novembre 2013 • Biennale de Charleroi Danses / Belgique
7 et 8 décembre 2013 • Festival DANS <3 STOCKHOLM • Dansens Hus • Stockholm / Suède
29, 30 et 31 janvier 2014 • Centre Pompidou, Paris
15 et 16 mars 2014 • Festival Les Printemps de Sévelin • Théâtre Sévelin 36 • Lausanne / Suisse
25 mai 2014 • adc Genève / Suisse
30 septembre et 1er octobre 2014 • Fabriktheater, Rote Fabrik • Zurich / Suisse
5 octobre 2014 • Art Stations Foundation • Poznan / Pologne
17 janvier 2015 • Festival Parallèle • Marseille, France
14 et 15 mars 2015 • Dampfzentrale • Berne / Suisse
11 et 13 avril 2015 • projection de captation - vidéodanse • Centre Pompidou Málaga • Málaga, Espagne
10 septembre 2015 • The Diver Festival, Tel Aviv, Israël
19, 20 et 21 novembre 2015 • centro cultural matucana 100 • Santiago du Chili
29 janvier 2016 • Festival Pharenheit, Le Phare CCN du Havre Haute-Normandie • Le Havre
16 juin 2016 • Uzès Danse, Centre de Développement Chorégraphique de l’Uzège, du Gard et du Languedoc-Roussillon, Uzès
8 et 9 octobre 2016 • MID - Movimento Internacional de Dança • CCBB - BH • Belo Horizonte, Brésil
15 et 16 octobre 2016 • MID - Movimento Internacional de Dança • CCBB - BSB • Brasilia, Brésil
octobre 2016 (dates à confirmer) • Teatro do SESC • São Paolo, Brésil
23 octobre 2016 • Teatro do Fortaleza, Bienal Internacional de Dança do Ceará FD 2016 • Fortaleza, Brésil

interview

1. Il y a plus de 200 interprétations chorégraphiques du « Sacre du Printemps » qui dialoguent soit avec la musique de Stravinski soit avec le libretto chorégraphique de Nijinski. Où te situes-tu par rapport à l´immense héritage de cette pièce ?
Je n’ai jamais senti que faire un "Sacre“ était un passage obligatoire. C’était plutôt une évidence par rapport aux thématiques que j’aborde dans mon travail : le rituel, la transe, l’abandon et l’extase. Je me suis demandé comment me situer sur une échelle de temps, non seulement par rapport au contexte et à la référence qui m'amenaient cent ans en arrière, en 1913… mais aussi par rapport au fait que cette pièce s’appuie sur l’Antiquité russe, d’après l’argument cosigné par Stravinski et Nicholas Roerich. Le fait d’être plongé dans ces deux périodes, l’Antiquité et le tout début du 20eme siècle, m’a orienté vers une autre période de l’histoire : le Moyen-Age. On dit en français que quelque chose est “moyenâgeux”, pour qqchose de vieillot et l'expression a une connotation péjorative.
Mais on oublie que c’est une période très riche au niveau artistique. Je suis très influencé par cette période. Je pense aussi aux Croisades, (à la force et) à la foi inébranlables de ces hommes et femmes qui traversaient des pays à pied, qui se battaient et se sacrifiaient pour leur famille, pour leur patrie, pour leurs croyances.

2. Bien que ton SACRE reprenne peu d´éléments de la pièce originale de 1913 – ni la musique, ni la formation d’un groupe, ni le sacrifice –, certaines actions et données font irrésistiblement penser au rythme de la musique de Stravinski et aux fameux sauts et tremblements du peuple païen. L’enjeu de ta chorégraphie semble se cristalliser autour du souffle des protagonistes. Ce souffle parvient à la fois à lier la musique aux corps des danseurs mais aussi à exalter le sacrifice. Est-ce que le célèbre souffle de la personne sacrifiée dans la pièce originale est ce lien qui unit la pièce originale à la danse contemporaine?
Oui c’est juste, mais c’était aussi une façon de trouver cet état d’ivresse et d’extase. Le fait d’hyperventiler nous met dans un état d’hyper oxygénation qui procure cette sensation de flottement et d’enivrement. Beaucoup de personnes pensent que nous avons transposé la musique de Stravinski dans notre partition de souffles, ce qui n’est pas le cas, même si nous avons beaucoup travaillé sur différentes versions de cette musique. Je pense que nous l’avons intégrée et incorporée. Elle n'est pas reprise dans son intégralité, mais nous avons gardé la première et la dernière notes, qui se jouent respectivement à l'ouverture et à la clôture de la pièce. La musique nous a définit un cadre.

3. Quel est l´importance de cette pièce dans ton parcours de chorégraphe ?
Pour cette pièce, je me suis demandé ce qui était “sacré” pour moi dans la représentation du corps, au théâtre. Venir sur une plateau est un acte politique, une prise de parole. Se tenir debout face au public est ce qu'il y a de plus sacré au théâtre. J’ai proposé à Tamar Shelef, qui est sur le plateau avec moi, de nous interroger sur notre nécessité à nous tenir debout, en considérant cette position du corps comme sacrée.
Nous avons cherché comment y parvenir, et de fait, nous étions toujours au sol, en train de ramper, ou bien adossés contre les murs. Nous ne pouvions plus nous mettre debout dans l’espace. J’ai beaucoup aimé ce constat et cette contrainte.

4. Tu as choisi de ne pas sacrifier une personne de la scène mais de la remplacer par une sorte de phallus mort. Quelle importance a ce sacrifice dans ta pièce? Est-ce réellement un sacrifice?
Oui, ce phallus comme tu dis, est pour moi un totem qui se dirige vers le ciel, et qui, par essence, représente les ancêtres protecteurs ou bien le pilier qui viendrait soutenir le plafond imaginaire qui pourrait nous protéger des “foudres divines“. Sacrifier le totem reviendrait à accepter d’être vulnérable, sans protection, et par conséquent, de se donner toute liberté à vivre selon ses propres croyances.

5. La bande-son est composée des premiers accords des deux actes du « Sacre du Printemps » et d’un bruit de vent qui rappelle la nature. Quel rôle joue la musique pour toi dans la pièce? Comment avez-vous, (le compositeur?) Mikko Hynninen et toi, travaillé la musique de Stravinsky? Pourquoi avez-vous choisi de ne pas utiliser la musique originale?
Ne pas utiliser la musique originale était une condition de départ. Nous venions de faire une version du “Casse-Noisette” de Tchaikovski pour laquelle nous avions utilisé plusieurs morceaux de cette musique. Dans le cas du “Sacre”, j’avais la sensation que d’utiliser cette musique de Stravinski nous ramenait toute la mémoire des différentes versions du Sacre que j’avais pu voir en live ou en vidéo. J’avais la sensation d’être enfermé dans ce passé. C’est pourquoi nous avions décidé dès le départ de travailler plutot sur des sons reliés au souffle ou au vent.

6. Contrairement aux costumes de Nicholas Roerich de 1913, tes costumes éliminent presque toute allusion de genres et de références à une situation précise. Les créatures qui apparaissent sur scène sont presque asexuées. Ce sont des créatures mi-humaines mi-animales, des nus habillés en maillot à capuche qui ressemblent un peu à des têtards. Les costumes permettent de se concentrer uniquement sur les corps et sur leurs mouvements. Aussi, le plateau et ses parois construisent un espace très artificiel, la black box abstraite qui fait surgir la projection du spectateur. Est-ce que ton SACRE se construit comme une référence négative au monde imaginaire (Darstellung) et coloré de l’original ?
J’étais très inspiré au départ par la figure de Nicholas Roerich, dont on parle très peu dans l’histoire de cette pièce, alors qu'il est l'un des trois auteurs. Certains chercheurs pensent qu'il serait l'unique auteur de l'argument, notamment du fait de sa spécialisation dans l'Antiquité russe.
C’est un homme très intéressant, adepte de théosophie. Je ne voulais pas de décor qui situe l’action dans la nature, ni de costume qui, de la même façon, aurait pu indiquer une certaine appartenance à une époque. Pour les costumes, j’ai souhaité en effet que nous soyons asexués, et dans un rapport jumellaire. Comme si ces deux corps se complétaient et mettaient en place un rituel, en synergie, en adéquation l'un avec l'autre.

7. Les trois parties de ta pièce interrogent chacune à sa manière la corporéité : dans la première partie, les danseurs ne semblent pas faire un mouvement sans l’aide des parois, dans la deuxième beaucoup de mouvements sont liés au sol, et c’est seulement au fur et à mesure que les danseurs se « libèrent » du sol. Ce développement de la pièce est aussi un passage de la deuxième à la troisième dimension. Est-ce une référence à Nijinski et aux Ballets Russes ?
Mais tu lis dans mes pensées... En s’appuyant sur le "Sacre”, je me mettais de fait en référence aux ballets russes et à Nijinski. Mais cette corporéité a plutôt à voir avec ce que je pointais précédemment, cette posture debout sur un plateau, que je qualifiais de “sacrée”.

8. L’humour est une des forces de tes pièces. Il peut être parfois subtil, parfois très grotesque ou ironique. On a l’impression que tu te moques de la danse contemporaine mais tu es pourtant très précis dans tes recherches et tes références. Dans CASSETTE, par exemple, tu transposes « Casse Noisette » dans l´univers de la danse latine, en te focalisant sur l´aspect « divertissement » de la pièce. Quel est le rôle de l´humour dans tes pièces ? Est-il utilisé pour capter l´attention du public ?
Non, je ne décide pas des sentiments du publics, cela ne m'appartient pas, et même si je souhaitais faire rire, je sais via mon expérience de spectateur, que c'est plus souvent quand l'on ne cherche pas à obtenir le rire qu'on le provoque, un peu comme lorsque une situation cocasse se présente au cours d'un enterrement. Du reste, si je suis ironique, ce n’est pas non plus pour faire un pied-de-nez à la danse, je la respecte trop pour ça. Par contre, j’aime la dérision, j’aime ne pas me prendre au sérieux.

9. La thématique sexuelle est souvent abordée dans tes pièces. Dans cette pièce-ci, le souffle semble aussi représenter une décharge ou une décompression. Peut-on y voir une allusion sexuelle ?
Bien sûr, et l’orgasme sexuel est cet état proche de l’extase, cette “petite mort”.

10. Ton nouveau projet artistique est un film basé sur les recherches chorégraphiques et dramaturgiques de SACRE. Quel sera l´apport principal de ce film ?
Je voulais faire un film qui aborde les mêmes sujets, mais sans en faire un film de danse. Il s'agit d'une véritable fiction, dans laquelle une femme de la quarantaine, interprétée par Tamar Shelef, part sur une île, à un moment charnière de sa vie, pour exécuter un rituel, ou peut être un sacrifice. Dans cette notion de sacrifice, ce qui m’intéresse, est l'idée de perte, de don et de renoncement. C’est la mort ou plus simplement la fin d’une situation, en vue d’un renouveau. Je le vois ainsi, et non pas, uniquement, dans cette idée mortifère du sacrifice humain pour la rédemption du genre humain !

interview avec Melanie Zimmermann / Kampnagel, Hamburg • janvier 2013

PRESSE
la revue de presse complète au format pdf
Le Sacre de David • Bérengère Alfort • Danser magazine • juin 2011
Montpellier Danse • Art-Vues • Juin-juillet 2011
Fulgurant Wampach • Gérard Mayen • La Gazette de Montpellier • 16-22 juin 2011
Montpellier Danse • Le Monde, magazine supplément • 18 juin 2011
Un “Sacre” haletant • Aurélia Hillaire • Direct Montpellier Plus • 23 juin 2011
Revenants d’un “Sacre” • Lise Ott • Midi Libre • 24 juin 2011
Glauque, mais libérateur rituel de printemps • Anne Leray • L’Hérault du Jour • 25 juin 11
Sacré Wampach ! •Marie-Christine Vernay • Libération • 27 juin 2011
le sacre des Tamar • Philippe Noisette • les Inrockuptibles • n°814, 6-12 juillet 2011
Eclats d’Israël à Montpellier Danse • Marie-Christine Vernay • Libération • 7 juillet 11
Se décentrer, regarder ailleurs et autrement • Lise Ott • Midi Libre • 7 juillet 2011
Le Sacre de David Wampach • Agnès Izrine • Danser • n°312S, septembre 2011

FICHE TECHNIQUE
Fiche technique au format pdf